[Test] Wolfenstein (Xbox 360)

FPS d’Id Software publié par Activision en 2009 sur PC, Xbox 360 & PS3.

Pilier légendaire des jeux vidéos qui a contribué à poser les bases du genre FPS (excusez du peu), Wolfenstein est une série dont le premier opus sorti fin des année 80 et sa suite plaçaient le joueur dans une suite de tableaux en 2D orienté infiltration. A son 3ème opus, la série change de genre en devenant un FPS, le célèbre Wolfenstein 3D. Après sa résurrection en 2003 sur PC avec Return to castle Wolfenstein, qui est selon moi toujours un must malgré son grand âge, sa suite s’est vu annoncée après la sortie de Doom 3 en 2004 toujours sur PC, et utilisant le moteur 3D de ce dernier. Mais le temps passa, sans que l’on entende à nouveau parler de ce “Wolfenstein 2”. Ou 5, selon le point de vue. Finalement en 2009 le jeu refait parler de lui et sort sans cérémonie. Puis il se retrouve soldé à 10€ quelques mois seulement après sa sortie. J’ai un mauvais pressentiment…

Ou suis-je ? Qui suis-je ?

William “BJ” Blazkowicz est le héros emblématique de la série Wolfenstein. Agent infiltré de l’armée américaine en Europe, pour espionner ou faire des attentats contre les diaboliques Nazis. Il s’est fait une spécialité pour contrecarrer leurs plans touchant aux sciences occultes, ce qui pourrait tendre à penser qu’il leur veut autant de mal que de bien puisque souvent, les méchants se retrouvent complètement dépassés par leurs créations et en deviennent les premières proies. Et c’est ce brave BJ, au visage modelé sur celui de l’acteur allemand Til Schweiger, qui fait le ménage derrière. Mais aussi, une spécialité pour s’échapper quand il est fait prisonnier. Et comme c’est récurrent, il trouve en général du soutien auprès de la résistance allemande contre les Nazis! Et oui, cela a vraiment existé.

Isenstadt (prononcé Eisenstadt: ville d’acier), petite ville du Eingebildet en Allemagne, n’est pas très recommandable pour le tourisme. En effet, il est courant que certains quartiers soient très calmes, limites déserts, tandis que de l’autre côté de la rue ou quelques pâtés de maisons plus loin se livre un combat sans merci entre des soldats de la Wehrmacht et… des villageois. En fait, dans cette ville, tous les villageois sont armés jusqu’au dents, prêts à bondir! C’est là-bas qu’est envoyé notre héros, B.J. Blazkowicz qui malgré son patronyme est américain faut-il le rappeler!

Y’a un scénario ou on fonce dans le tas sans réfléchir ?

Les deux. Les confrontations entre notre héros et les Nazis fans de sciences occultes est la base scénaristique de la série. Dans cet épisode, nous allons encore sur un site de fouilles archéologiques tournant autour d’une civilisation disparue appelée le “Soleil Noir”. Cette civilisation mythique savait utiliser d’étranges pouvoirs par le biais d’une dimension parallèle appelée le “Voile” que Blazkowicz aura à sa disposition par l’utilisation d’un médaillon au nom lui aussi basé sur la mythologie Nordique, Thule. Ce médaillon, qu’on utilise via le D-Pad de la manette et ses pouvoirs sont dévastateurs, ça plaira aux bourrins. Je suppose qu’en 1943 c’était tendance car on peut acheter via l’homme du marché noir des améliorations avec de l’or pillé un peu partout dans le jeu! En tant que éminent germanophile, j’ai voyagé beaucoup en Allemagne mais je n’en ai jamais vu encore. J’en veux un maintenant, c’est vachement pratique. D’ailleurs il doit-y en avoir d’autres enterrés ailleurs puisqu’en plus des Nazis, une société secrète, “pacifique” celle-là, est elle aussi à la recherche de médaillon Thule: l’Aube d’Or.

A quoi ressemble une partie de Wolfenstein?

Version courte: c’est un joyeux bordel! Version longue: Autant la partie scénar’ semble bien sur le papier, autant ce jeu est rempli d’incohérences qui rompent l’immersion. Je ne parle pas du réalisme, non: on reste dans un Wolfenstein. Mais de la cohérence. Pourquoi peut-on acheter peinard des améliorations pour nos armes au pingouin du marché noir en cours de niveau, alors qu’on vient de déclencher une explosion dans un entrepôt remplis d’ennemis qui nous cherchent de partout? Pourquoi le personnel de l’hôpital se plaint à vous, étranger inconnu dans cette ville de cinglés qu’il y ait des soldats ninjas-mutants-sanguinaires à la voix de cyborg dans leurs locaux de la même façon qu’une femme de ménage vous raconterait des ragots? Pourquoi y a t’il un calme de monastère tibétain dans la planque de la résistance locale alors que juste dans la rue devant la planque 5 résistants et 5 soldats de la Wehrmacht se livrent un combat acharné à 3 mètres les uns des autres? Alors ok, il y a le quota d’action et le plus souvent, cela crée des situations comiques. Mais qu’est-ce qui se passe dans ce jeu?

Linéaire mais bon level design, le jeu se présente comme un FPS en monde semi-ouvert, la ville d’Isenstadt étant un Hub dans lequel le joueur navigue pour lancer ses missions. Or si cela sonne sur le papier comme un environnement semi-ouvert ce qui souvent assure une bonne durée de vie, et bien pas ici! Le jeu est très court, il se termine en 7h en faisant toutes les missions annexes! Si au premier abord, le jeu semble encourager la stratégie avec les pouvoirs du voile, on se rend vite compte que c’est bien plus efficace de foncer dans le tas et de tirer comme un porc. On laisse donc de côté l’infiltration en attendant que les ennemis aient le dos tourné pour avancer tranquillement au milieu de la rue, arme à la main, et on arrose tout ce qui bouge. Si ça bouge encore, on active l’un des pouvoirs du voile, que nous allons aborder avec les armes, et on tire à nouveau. En général après ça ne bouge plus… jusqu’à ce que les ennemis respawn quand on quitte la zone.

Y’a du multi?

Le mode multijoueur est sûrement sorti du Soleil Noir, mais aussi certainement d’une autre époque. Il devrait y retourner. 4 modes du jeu les plus courants (Deathmatch, Objectif, Capture de drapeau…)

Des cartes au Level Design très basique, on se croirait sur les cartes de Timesplitters 1 sur PS2, et encore c’est insulter TimeSplitters qui était plus beau. 3 classes de combattants comme c’est la tradition avec Wolfenstein Enemy Territory, mais en moins bien, et 6 ans après pour ceux qui ont connu WolfET. Pas très motivant. Sachant en plus que la classe soldat à 6 armes et les deux autres n’en ont que 2, qu’il est possible d’acheter des améliorations pour ces armes comme dans le mode solo (Haaaa!) mais une seule! (Hoooo!) Wolfenstein version 2009 en multi, c’est un peu à mi chemin entre sniperland et bazookaland. Un vrai bonheur… Ah oui en multijoueur on gagne des niveaux jusqu’au Rang 50, indexé sur… l’argent qu’on gagne dans le jeu. WTF? De plus, le multijoueur a un bug qui fait que des fois, comme ça, vous perdez tout votre argent (et donc votre niveau, vos upgrades, etc) et des fois vous les regagnez par hasard! Ce bug m’a posé pas mal de soucis pour obtenir le succès qui se débloque au niveau 50…

Les armes sont bien?

Vous rappellez-vous des FPS sortis avant Halo, COD, Battlefield? C’est-à-dire avant tous ces jeux qui ont un mode multijoueur excellent et qui limitent à 2 le nombre d’armes que vous pouvez emporter? C’était super, on avait un arsenal sur soi car on collectait arme après arme au fil du jeu. En solo, mais aussi en multi! Alors d’accord c’était pas réaliste car:

  1. on ne peut pas porter autant d’armes dans la réalité (j’ai essayé)
  2. on devait scroller nos armes l’une après l’autre pour trouver celle qu’on voulais.

ça par contre, c’était chiant. Mais moins que de devoir choisir entre jeter une arme vide que vous adorez parce que vous ne trouvez pas de munitions et ramasser une nouvelle arme inconnue sans savoir si vous en trouverez. Donc si dans ce jeu on peut avoir son arsenal sur soi, c’est pour moi un gros point en plus. Ah, quel plaisir old-school! Mais rassurez-vous le jeu intègre aussi des trucs à la mode comme par exemple la customisation des armes. Je ne suis pas historien de guerre, mais je ne pense pas qu’à l’époque, le Sturmgewehr 44 d’ordonnance de la Wehrmacht permettait d’attacher une lunette/viseur point rouge, un silencieux, une baïonnette ou encore des chargeurs de grandes capacités. Mais je peux me tromper. Je ne pinaille pas, c’est cool d’avoir des armes badass. Oui dans ce jeu, toutes les armes peuvent être améliorées via un vendeur du marché noir trouvable entre deux fusillades (WTF?) dans les niveaux ou dans la ville Hub. Le rythme du jeu est souvent rompu, notamment par ce perso glauque qui rappelle au moins aussi qu’en temps de guerre, des charognards essayent de faire fortune.

On retrouve l’arsenal typique Wolfenstein, la bobine de tesla, le fusil qui tire des éclairs, celui qui fait brûler les gens, celui qui fait fondre les gens et l’habituel BFG avec un nom en allemand qui fait peur. Pour en changer rapidement, on tient appuyé la gâchette LB/L1 et on la selectionne rapidement avec le stick gauche. On regrettera tout de même l’absence de la bonne vieille Sten, arme emblématique pourtant présente dans les autres jeux. Et ne vous laissez pas induire en erreur par la Thompson que porte BJ au dos de la boite, elle n’est pas disponible dans le jeu.

Voilà pour les perceuses. Maintenant le médaillon. impossible de terminer le jeu sans lui. Si vous voulez une expérience légèrement “réaliste”, jouez sans tant que vous pouvez, il est obligatoire pour les Boss et l’exploration. Il s’active via le D-Pad: chaque direction déclenche un pouvoir différent en plus d’une inversion des couleurs dégueulasse.

  • La vision consomme très lentement l’énergie du voile et permet de franchir les obstacles et les points faibles des ennemis;
  • La vitesse augmente votre vitesse (DUH) et donc ralenti les ennemis;
  • La surpuissance augmente la puissance de l’arme que vous utilisez bravo vous suivez;
  • Le bouclier réduit les dégâts pris.

Notez que ces pouvoirs peuvent être cumulés. On peut donc utiliser les 3 à la fois et être à la fois super rapide, surpuissant et invulnérable, mais alors on flingue la barre d’énergie plus vite que la batterie d’un iPhone en fin de vie. L’énergie du médaillon se recharge  sur les trous béants dans le sol qu’on trouve un peu de partout.

Dans le détail

La difficulté est mal faite. Autant les soldats qu’on combat pendant tout le jeu sont de parfaits crétins même en mode difficile, autant le face à face avec les boss est plus difficile, mais une mauvaise difficulté, car on a du mal à analyser leur comportement pour trouver la faille. UNE seule technique et UNE seule arme sont souvent efficace contre chacun d’eux.  Alors on progresse à l’ancienne: en testant toute les méthodes, toutes les armes contre le boss en attendant d’en trouver une ou on meure moins rapidement que les autres, ce qui indique qu’on a peut-être trouvé un moyen de lui faire mal! Ce qui veut dire que la “stratégie” qui marche dans la totalité de la campagne, à savoir rusher comme un bourrin ne marche plus du tout quand on arrive à un boss! C’est sans doute sur des choses comme cela qu’on voit qu’on joue à un jeu old-school, qui descend d’une vieille série de jeux. Arrivé au boss, il faut utiliser son cerveau et sa patience. Mais dans ce cas-là, ce descendant est le mauvais rejeton. Car il n’y a pas que sur cela que les démons du passé refont surface.

Les ennemis respawnent aléatoirement dans la ville. Nous avons abordés les combats acharnés sur des surfaces équivalentes à celles d’un local à poubelle. Sachez que dès que vous quittez une zone vous y faites respawn tous les ennemis! Quand vous revenez dans la zone que vous venez de nettoyer, les ennemis sont déjà revenus, ont enlevés les corps, nettoyés les tâches de sang, ramassés les douilles et font à nouveau paisiblement leur ronde dans la zone!

Dans une tentative de présence d’IA, notons aussi les soldats ennemis qui vous tirent dessus, puis vont se cacher derrière une palissade (ou parfois une barrière au travers de laquelle on peut les voir et les tuer) puis oublient où vous êtes, vous tournent le dos et vous cherchent dans une autre direction. On recrute des gens atteints de troubles de la mémoire dans la division paranormale SS?

Il est long ?

Sorti en 2009, le jeu a très mal vieilli, surtout en multi. Pour autant, je ne le considère personnellement pas comme un mauvais jeu. La campagne solo vaut le coup, malgré les défauts qui la compose. Mon niveau préféré: La ferme et les surprises qu’on trouve dans sa cave. Le jeu est court car même en prenant mon temps je l’ai terminé en 7h, quêtes annexes comprises! 7h de durée de vie pour une campagne solo, c’est peu. Pourvu que ça ne devienne pas une tendance qui s’aggrave à l’avenir… Passons le multi sous silence, complètement raté. Après tout les gars d’Id Software sont plutôt réputés pour leurs jeux solo, et pour faire ressentir au joueur sa montée en puissance. Qu’importe l’anachronisme d’avoir un MP5K monté d’une lunette point rouge avec un chargeur High-cap en 1943, après tout en face vous avez des Nazis ressemblants à l’escouade de Jin-Roh équipés de bobine de Tesla portable, de Jet-Pack, de magicien en trench-coat, de créatures ressemblant à des Lickers de Resident Evil 2 portant des casques de chevalier et de Ninja-invisibles-super rapides aux voix de cyborg! On est plus à ça prêt!

Un dernier mot ?

Comme toujours le jeu est plus beau et plus “jouable” sur PC, mais cela dépend aussi du joueur, et du type de commande avec lequel il se sent le plus à l’aise. J’ai noté que certaines commandes de la manette Xbox 360 ne sont pas bien prises en compte. Ce qui vous donnera envie de relancer le jeu, ce sera tout simplement les objets cachés à ramasser, récupérer les dernières améliorations de vos armes pour voir ce qu’elles donnent et les succès à débloquer pour pouvoir frimer devant les copains que vous avez tenu plus longtemps sur le jeu qu’eux! Après cela, désinstallation et on passe à un autre.

Bien…

  • Les armes
  • et l’impression de surpuissance qui s’en dégage au bout d’un moment
  • L’ambiance paranormale
  • La variété des niveaux
  • Les pouvoirs du médaillon complètement pétés
  • Wolfenstein is back…

Pas bien…

  • …En petite forme.
  • L’IA buggée
  • Le bleu turquoise du médaillon qui brûle la rétine à la longue
  • Les mots en allemand prononcé à l’anglaise dans la VF
  • Le gameplay réserve des surprises
  • Le bug qui remet les stats du multi à zéro

Test terminé le 22/04/2019

Musique écoutée pendant la rédaction : Massive Attack – Collected

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